Antonio Nores Martinez (Toño) naquit le 18 novembre 1907. Alors qu’il n’était encore qu’un enfant, il avait assisté à plusieurs combats de chiens. Même s’ils étaient illégaux, les combats de coqs et de chiens étaient une coutume qui remontait aux temps de la colonisation espagnole, auxquels assistait un public nombreux. Les races introduites par les colons anglais se croisèrent avec les Danois et les Mâtins ramenés par les Espagnols. Naquirent des chiens tigrés ou fauves, blancs ou tachetés. C’est ainsi que prit forme celui que Antonio Nores Martinez nommait le « vieux chien de combat de Cordoba ».Il décida de créer une race qui rassemblerait les meilleurs qualité du « chien de Cordoba », mais qui lui serait supérieur par la taille et la force physique. En outre, seul ou en meute, ce chien devait être capable de chasser les gros prédateurs peuplant la Sierra de Cordoba. Antonio Nores Martinez n’était encore qu’un jeune garçon quand il entama la sélection qui devait lui permettre d’atteindre son objectif. Neuf autres races seront utilisées , chacune correspond à un objectif bien particulier:
• Le Dogue Allemand : souvent utilisé pour obtenir des sujets hauts sur pattes, permettant ainsi d'assurer une bonne taille et il contribua largement à améliorer l'aspect de la tête.
• Le Pointer : chiens de chasse déjà bien présents en Argentine. Les sujets utilisés furent sélectionnés selon des critères bien précis : Excellent odorat, grande résistance physique aux intempéries et bon caractère (avec l'homme comme avec ses congénères). Le plus du Pointer est qu'il ne flaire pas au sol mais au vent: le Puma sautant d'arbre en arbre, c'est un atout majeur pour ne pas perdre la trace de la proie.
• L'Irish Wolfhound : Ce chasseur de loups apporta au Dogo deux qualités essentielles pour rattraper un sanglier ou un puma en fuite, puis l'attaquer : la rapidité et le courage.
• Le Mâtin des Pyrénées : permit de conserver la haute taille désirée, ainsi qu'un bon gabarit car le Mâtin est un chien haut et imposant. Mais il fut également choisi pour sa robe blanche, caractéristique indispensable à la chasse aux sangliers !
• Le Bulldog Anglais : Cette race fut utilisée avec une grande prudence car non seulement elle avait déjà largement contribué à la création du chien de pelea, mais également parce qu'elle diminuait la taille des sujets obtenus et leur conférait un prognathisme marqué. Cependant, le Bulldog permit au Dogo d'avoir une prise très forte, une mâchoire puissante et une grande ténacité lors des combats.
• Le Dogue de Bordeaux : Les frères Nores utilisèrent un chien issu du croisement d'un Dogue de Bordeaux et d'un chien de pelea. Ce chien permit de renforcer la mandibule et d'obtenir une tête plus imposante. Mais il transmit également une robe jaune qui obligea les 2 frères à ne l'utiliser qu'avec une extrême prudence.
• Le Bull Terrier : Au même titre que le Bulldog Anglais, il permit de renforcer la mâchoire du Dogo et lui apporta, en plus de sa ténacité au combat et d'une forte prise, sa robe blanche.
• Le Mastiff : Les sujets sélectionnés étaient de couleur claire, ils servirent à assurer un bon gabarit et une grande robustesse, tout en apportant calme et obéissance.
• Le Boxer : Le Boxer fut utilisé afin de rendre le Dogue plus obéissant et sociable, avec l'homme comme avec ses congénères, et contribua à renforcer des qualités primordiales : agilité et endurance.
Ainsi furent crées deux « familles » : Araucana et Guarani, bien distinctes l’une de l’autre, ces deux lignées de sang avaient pour objectif de répondre à des exigences différentes, l’une aux combats de chiens, l’autre aux combats de la faune sauvage.
En 1928, le dogue argentin est une race bien définie, même si elle est en constante évolution et en quête de perfectionnement.
En 1947, Antonio Nores Martinez présenta officiellement la race à Buenos aires, au Club deCazadore. Son discours fut également publié dans la revue Diana en octobre 1948.
En 1955, à l’apogée de son activité de médecin-chirurgien et d’éleveur, Antonio Nores Martinez décède. Commence alors une période sombre pour le dogue argentin. Augustin Nores Martinez n’aime pas les combats de chiens, mais c’est un chasseur passionné .Il veut absolument que l’œuvre de son frère soit reconnu par la Fédération Argentine de cynophilie (FCA).
En 1964, la fédération cynologique Argentine reconnait officiellement la race du Dogo Argentino.
En 1969, naît le Club du Dogue de Cordoba, consacré à Antonio Nores Martinez , le fondateur de la race. Augustin Nores Martinez en est le président honoraire.
En 1971, Augustin fonda le club du Dogue d’Esquel.
En 1973, la Fédération Cynologique Internationale, reconnait à son tour la race et met en vigueur le premier standard.
En 1999, homologation d’un nouveau standard par la FCI, suite à la demande de la FCA.
En 2012, homologation du troisième standard par la FCI
Source : Paolo Vianini.
Histoire et origines du Dogue Argentin ou Dogo Argentino
Historique et origine du dogue Argentin
Le premier Dogo introduit en France s’appelait « Clavel de Cronos de la Posta ». Né le 30 octobre 1978, il avait été acheté par Jean-Marie Le Houarner à un éleveur argentin Fernando Moreno . En 1980, un éleveur passionné de molosses, Maurice Amar (affixe des « sources de Roch Anikra) achetait 5 dogos à deux éleveurs italiens, messieurs Cittero et Tonel. Il faisait 7 portées entre 1981 et 1984, puis cessait son élevage. Un jeune éleveur, Jean de Guillebon, se procura 2 dogos, V’Pamela et Athos. Il ne fit qu’une seule portée. Quelques importations, Argentine et surtout pays européens, n’empêchèrent pas la race de végéter jusqu’en 1992. A partir de cette date, les inscriptions au LOF ne cessèrent de progresser.